LE GROUPEMENT 19 de MEYRUEIS au MAQUIS BIR HAKEIM

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LE GROUPEMENT 19 de MEYRUEIS au MAQUIS BIR HAKEIM

Message par Admin le Mer 18 Nov - 14:08

La Résistance en Lozère

Les hommes du maquis Bir Hakeim investissent
le groupement n° 19 du Chantier de jeunesse Meyrueis


Depuis la fin de l'été 1943, le gouvernement de Vichy fait pression sur les étudiants, les jeunes des Chantiers et les travailleurs immigrés pour que ces derniers n'entrent pas dans les maquis. Ces catégories sont nommément reconnues par les fonctionnaires de Vichy comme " une proie facile pour les agents recruteurs des organisations clandestines ou de Résistance ". Le groupement n° 19 du Chantier de jeunesse, installé à Meyrueis, quartier de l'Airette, devient lui aussi un des objectifs des maquis. Durant le printemps 1944, des cabanes du Chantier, disséminées dans les forêts du massif de l'Aigoual, sont visitées par les réfractaires. Fin mai 1944, le maquis va s'intéresser aux bâtiments et aux soldats- bûcherons du groupement n° 19 installés à Meyrueis.

Le maquis Bir Hakeim est installé au Grand Hôtel du Fangas sur le Mont Aigoual depuis le 19 mai 1944 au soir. Ce maquis, fort d'une centaine d'hommes, doit alors faire face à de sérieuses difficultés d'approvisionnement. Pour remédier temporairement au manque de denrées alimentaires et de divers équipements, Jean Capel dit "commandant Barot" décide d'organiser une expédition contre le groupement n° 19 du Chantier de jeunesse de Meyrueis : il s'agit de récupérer les vivres, les effets et les camions que le gouvernement de Vichy réserve à ses soldats-bûcherons.

Le dimanche 21 mai 1944, jour de la fête du Rocher qui rassemble les habitants de la commune de Meyrueis et des communes environnantes, à 13h15, 70 maquisards de Bir Hakeim arrivent au volant de voitures et de camionnettes dans la petite localité. Les Biraquins occupent par groupes de quatre à cinq hommes différents points de la ville : le bureau de poste où le portrait de Pétain est déchiré sous l'oeil amusé du receveur, l'hôtel restaurant de l'Europe où des gendarmes prennent leur repas, la gendarmerie, qui fermée et gardée par deux gendarmes, est attaquée à la mitraillette et où les armes sont toutes réquisitionnées par le maquis (quatorze mousquetons, deux cents cartouches, un pistolet et quatre-vingt cartouches). Sur chacun de ces lieux, les lignes téléphoniques sont coupées.

Le brigadier de gendarmerie Irénée Bretou et un gendarme revenant de tournée sont désarmés sur la Placette et conduits à l'Airette où ils restent jusqu'au soir.

Après avoir assurer leur sécurité en bloquant tous les points stratégiques de la localité, le gros des hommes du maquis se rend à l'Airette. Sur place, ils chargent leurs camionnettes des effets entreposés dans les bâtiments du Chantier de jeunesse : une cuisine roulante, cinq motocyclettes, dix bicyclettes, douze pneus et chambres à air, un jeu d'outils, cinquante litres d'essence, cinquante sacs tyroliens, deux cent couvertures, soixante canadiennes, soixante ceinturons, trente blousons de cuir, cent cinquante kilogrammes de vivres diverses, quarante rations de tabac, du savon, l'appareil téléphonique de campagne et une camionnette gazo-bois sont pris. Les hommes de Bir Hakeim complètent leur approvisionnement en achetant cinq kilogrammes de cigarettes et trois cents kilogrammes de pain chez des commerçants meyrueisiens. Enfin, ils réquisitionnent une voiture Citroën onze chevaux appartenant à monsieur Cot, marchand de vin à Meyrueis.

Au cours de cette opération, un accident se produit à l'Airette. Un jeune du Chantier de jeunesse, Marcel Forestier, reconnaît un des maquisards de Bir Hakeim et lui demande de lui montrer le maniement de son mousqueton. Au cours de la démonstration, un coup de feu part accidentellement et blesse mortellement le jeune Forestier qui, transporté à l'hôpital de Millau (Aveyron), décède dans la soirée.

Vers 16 heures, Jean Capel fait rassembler les 150 jeunes du Chantier. Il les exhorte à entrer dans les rangs de Bir Hakeim pour chasser l'Allemand de France. " Il nous faut des hommes, dit-il, et non pas des femmelettes !" . Quatre jeunes du Chantier acceptent cette proposition : André Picon , Georges Constantinou , Marcel Liotard et Albert Cyprien sortent alors des rangs. Ils sont aussitôt armés et habillés.

A 17h15, les hommes du maquis montent dans leurs véhicules et demandent au chauffeur du Chantier, Pierre Bugas, de les suivre avec la camionnette réquisitionnée. Ils prennent la direction de l'Aigoual par la RN 586. A la sortie de Meyrueis, en direction de la forêt de Roquedols, deux adolescents de Meyrueis,
les hommes du maquis Bir  Hakeim investissent le groupement n°19 du Chantier de  jeunesse , René Fages  et Claude Noguès ,spontanément, prennent place à côté des gars de Bir Hakeim.En cours de route, à hauteur du village de Villemagne(Gard), les Biraquins abandonnent Pierre Bugas,qui redescendra à pied à Meyrueis, et ils continuent leur route vers le Grand Hôtel du Fangas.
Le soir- même, le brigadier Irénée Bretou rédige un rapport qui indique l'inaction des gendarmes de la brigade de Meyrueis face aux maquisards plus nombreux et très bien armés.
Son supérieur hiérarchique direct, le lieutenant de gendarmerie Charles Sorrant de Florac, le réprimande vertement et rédige un rapport, envoyé au commandant de gendarmerie Pierre Bruguière  de Mende, demandant la mise aux arrêts de Bretou.
Ce dernier saura se rappeler de ce rapport, quand, une semaine plus tard le 26 mai 1944, une partie des maquisards de Bir Hakeim fuyant le Grand Hôtel du Fangas attaqué par la Milice et les GMR, traverseront Meyrueis en direction de La Parade sur le Causse Méjean.
Le groupe, est stoppé par la Milice à hauteur du village de Cabrillac.
Trois hommes remontent en direction du Mont Aigoual mais n'arrivent pas à retrouver leurs camarades de l'avant poste qui ont déjà décroché.
Deux Biraquins descendent vers le col de Perjuret et trouve refuge dans une grange du hameau de Jontanels.
Sur les conseils du pasteur Robert de Meyrueis, deux camarades et 1 blessé à la jambe restent cachés dans cette grange et voient passer, le dimanche 28 mai au matin, les camions de la Légion arménienne qui procèdent à l'encerclement du maquis Bir Hakeim installé à La Parade.
Les hommes cachés dans cette grange échappent ainsi au combat de La Parade et à la destruction du maquis. Après le combat, une dizaine d'hommes de Bir Hakeim égarés dans le massif de l'Aigoual sont récupérés par le capitaine Paul Demarne qui réorganise le maquis au sommet du Rocher des Vierges , sur la commune de Saint Saturnin (Hérault).



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